Accusé d’espionnage par les Etats-Unis et leurs pays alliés, l’équipementier chinois Huawei connaît une période houleuse depuis la fin de l’année 2018. Le PDG de l’entreprise s’est exprimé dans un courrier dévoilé par le Financial Times. 

Une missive pleine de pessimisme

« La situation dans les prochaines années ne sera probablement pas aussi rose que prévu », affirme Ren Zhengfei, le fondateur et PDG de Huawei, numéro un mondial des infrastructures de télécommunications, dans un courrier publié en novembre 2018 et adressé à l’ensemble des cadres de l’entreprise chinoise. Selon le PDG, un certain nombre de mesures sont à prendre pour mieux anticiper l’avenir et « se préparer aux années d’adversité » futures.

Concrètement, le fondateur prévoit de « se séparer du personnel médiocre et de réduire les dépenses de main-d’oeuvre ». Huawei emploie 180 000 salariés et précise verser « 30 milliards de dollars par an » en salaires et en dividendes. Dans son courrier, Ren Zhengfei demande également aux responsables des ressources humaines de se préparer à une « révolution », en ajoutant que « les choses sont allées trop bien pour nous ces trente dernières années. Pour gagner, nous devons rationaliser notre structure organisationnelle ». 

Des soupçons d’espionnage au profit de Pékin

Pourquoi un courrier si pessimiste ? Petit flashback. Depuis septembre 2018, Huawei, accusé d’espionnage au service de Pékin par les Etats-Unis, est devenu le paria des télécoms. Le groupe chinois - qui misait sur la 5G pour asseoir sa position de leader - s’est vu exclu des marchés 5G des Etats-Unis, de l’Allemagne, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Grande-Bretagne ; en France, l’entreprise chinoise est surveillée de près. Le géant chinois se retrouve donc dans une impasse en Occident et doit réagir.

Pendant ce temps-là, les principaux acteurs du marché de la 5G se mettent progressivement en place : il s'agit du suédois Ericsson, du finlandais Nokia et du coréen Samsung. Aux Etats-Unis, les opérateurs télécoms T-Mobile, Sprint, AT&T et Verizon, auraient déjà confiés à ces entreprises le déploiement de la 5G. Les entreprises chinoises telles que Huawei ou encore ZTE vont-elles parvenir à revenir sur le devant de la scène ou sont-elles définitivement exclues ? Réponse dans quelques mois.

 


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