Seriez-vous prêt(e) à vous laisser épier depuis votre smartphone contre de l’argent ? C’est en tous les cas ce qu’acceptaient depuis 2016 des adolescents américains contre 20 dollars par mois, offerts par Facebook. 

Le réseau social américain Facebook est prêt à tout pour rester leader sur le marché. Pour cela, il a recours à de multiples méthodes. Parmi elles, celle qui consiste à épier les moindres faits et gestes de ses utilisateurs, afin de se renseigner précisément sur leurs habitudes. Et ce qui intéresse particulièrement Facebook ces derniers temps, ce sont les adolescents qui ont déserté le réseau social pour se tourner vers d’autres services, comme Tik Tok notamment.

Observer le comportement des 18 - 35 ans

Comment les ados utilisent-ils au quotidien leur téléphone portable ? Pour le savoir, Facebook a offert à de jeunes américains de l’argent contre l’autorisation d’épier leur smartphone. Officiellement, les adolescents étaient invités à participer à une « enquête », comme l’explique le média spécialisé Techcrunch, qui a révélé l’information. Pour y participer, les jeunes, recrutés grâce à des publicités sur Instagram et Snapchat, devaient télécharger puis activer sur leur téléphone l’application « Facebook Research ».

Le but finale de la manoeuvre était d’observer le comportement des 13 - 35 ans sur leur smartphone. Messages privés, recherches en ligne, sites et applications fréquentés, photos et vidéos, données de localisation… Rien n’a échappé à l’application mobile, qui enregistrait la moindre activité de ses utilisateurs. Des captures d’écran des historiques d’achats réalisés sur Amazon auraient également été demandés aux participants.

Habitué aux affaires de collecte de données  

En échange de ces précieuses informations, la firme américaine pouvait rémunérer les adolescents jusqu’à 20 dollars par mois, soit 17 euros, en bons cadeaux. Est-ce légal ? Oui, mais c’est tout de même limite. Ce type de comportement d’application n’est pas autorisée sur l’AppStore. Facebook a donc décidé d’utiliser une application bêta, en version de développement, pour contourner cette restriction. Facebook a également fait en sorte de « cacher » son travail de collecte en mettant en avant « une étude payante » sur les réseaux sociaux dans les différentes annonces publiées. 

Facebook n’en est pas à son premier coup d’essai : le réseau social s’était déjà fait remarquer dans une affaire de collecte de données : Facebook avait ainsi été forcé de retirer son application Onavo de l’App Store d'Apple. Sous couvert d’offrir un service de VPN (Virtual Private Network), cette dernière collectait en vérité des informations sur ses utilisateurs. Grâce à Onavo, Facebook a pu constater que WhatsApp était deux fois plus utilisé que sa propre application, Messenger. Bilan : Facebook a racheté le service de messagerie pour 22 milliards de dollars en 2014.

 


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