Réseau 5G Arcep Free Bouygues Telecom
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Alors que les opérateurs mobiles préparent en amont l’arrivée de la 5G sur le territoire français en 2020, le gendarme des télécommunications l’Arcep, doit présenter dès octobre 2019 les modalités d’attribution des fréquences 5G. Étape indispensable pour le lancement des réseaux 5G d’Orange, SFR, Free et Bouygues Télécom, l’Arcep jongle alors entre les attentes des opérateurs, du gouvernement et des collectivités, ce qui lui vaut quelques polémiques. 

Free et Bouygues Télécom dénoncent les enchères de l’Arcep

Suite aux enchères lancées par l’Arcep, l’opérateur Free accuse le régulateur des télécoms de nuire à la concurrence et favoriser SFR et Orange. Selon Xavier Niel, le PDG de Free, ce système d’enchères encouragerait un marché des télécoms qui “pourrait passer de quatre à deux” où Orange et SFR disposent de davantage de moyens que Bouygues et Free. Il craint alors que ses deux concurrents disposent d’une meilleure qualité de service et de blocs de fréquences trois fois plus importants que les leurs.

Le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, avait alors réfuté ces propos en déclarant qu’il s’agit avant tout de “l’intérêt des Français” et a affirmé son attachement à la concurrence construite autour des quatre grands opérateurs et des petits nouveaux. Afin de montrer sa bonne volonté, l’Arcep avait alors invité plusieurs représentants des autorités nationales d’Etats, membres de l’Union européenne, afin d’analyser son système d’attribution.

Comment se déroulent les enchères d'attribution de fréquences 5G ? 

L’Arcep est un acteur indépendant chargé de réguler les communications électroniques et les postes en France. Dans le cadre de l’arrivée du réseau 5G, elle aiguille son déploiement et son attribution auprès des opérateurs mobiles.

L’attribution de 3,4 - 3,8 MHz, la « bande cœur » de la 5G

Pour permettre le déploiement du réseau 5G, plusieurs bandes de fréquences coordonnées ont été identifiées dans toute l’Europe. Grâce à sa quantité de fréquences disponibles et sa composition entre le débit et la couverture, la bande 3,4-3,8 GHz, dite “la bande cœur de la 5G”, est la principale bande demandée par les opérateurs. Celle-ci sera complétée par d’autres bandes de fréquences aux propriétés diverses.

Les enchères de fréquences 5G, étape par étape

Pour attribuer les fréquences 5G, l’Arcep organise des enchères en deux étapes. La première consiste à ce que les opérateurs candidatent pour acquérir un des quatre blocs de fréquences de 40 MHz chacun. Le montant de ces blocs est fixe et déterminé par le gouvernement afin de contenir les dépenses des opérateurs. Une fois que ces derniers sont attribués, les fréquences restantes sont de nouveau mises aux enchères. Ces dernières sont proposées par blocs de 10 MHz et leur prix de réserve est, là encore, déterminé par l’exécutif. L’enchère cesse quand le nombre de blocs demandé équivaut au nombre de blocs disponible. 

En échange de ces enchères, Orange, Free, SFR et Bouygues Télécom doivent respecter certaines conditions. La première est que leur quantité de fréquences acquises doit être comprise entre 40 et 100 MHz maximum. La seconde les oblige à déployer leur réseau 5G dans au moins deux villes à la fin de l’année 2020. Ils devront également suivre à la lettre la trajectoire exigée par l’Arcep concernant l’étendue de leur couverture 5G sur le territoire français : 3 000 sites en 2022, 8 000 sites en 2024 et 12 000 sites en 2025.

L'attribution des fréquences 5G ouverte aux industriels, au grand regret d'Orange

Aujourd'hui, l'attribution des fréquences 5G n'est plus exclusivement réservée aux opérateurs mobiles. Les industriels peuvent, eux aussi, allouer ces fréquences pour développer leurs activités via ce réseau 5G. C'est ce qu'inquiète l'opérateur Orange, malgré son positionnement du côté de l'Arcep face aux accusations de Free et Bouygues Télécom.

Orange reste aujourd’hui pessimiste et ne souhaite en aucun cas aider les GAFA (les quatre géants américains de l’internet fixe et mobile : Google, Apple, Facebook et Amazon). Selon Fabienne Dulac, Directrice Générale Adjointe d'Orange, “ Google pourrait ainsi ouvrir un réseau vertical de santé et se passer de nous.”


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